Une culpabilité diffuse et constante
La culpabilité devenue « chronique », que l’on ne comprend pas car elle ne repose sur aucun évènement conscient, sur aucun acte objectivement répréhensible.
La source oubliée de cette culpabilité provient de l’enfance. L’enfant que nous étions, qui se sentait en insécurité, n’ayant pas la maturité, la conscience de comprendre que les adultes parents n’étaient pas en capacité de nous protéger (physique / psychique), de nous éduquer dans la bienveillance.
Ne pouvant attribuer aux adultes parents la responsabilité du malaise vécu — démarche perçue comme menaçante pour sa survie psychique — l’enfant internalise ce trouble en se désignant lui-même comme origine du dysfonctionnement parental.
Dès lors, l’enfant se construit comme porteur de la faute.
Ainsi, débute progressivement un fonctionnement psychique qui induit :
Un besoin constant de bien faire
Une hypersensibilité au jugement extérieure
Une soumission à un impératif de conformité sociale
Désormais, la culpabilité devient somatique, un fonctionnement pour répondre à cet extérieur qui agresse ou peut potentiellement agresser.
Cette culpabilité devient un mécanisme de régulation interne qui permet de maintenir une forme de cohérence face à l’incompréhensible (le manque de maturité, de conscience liée à l’âge de l’enfant que nous étions).
La culpabilité, une fois adulte, devient une grille de lecture du monde qui nécessite une forme d’auto-contrôle permanent (inconscient), au service d’un idéal de soi inatteignable.
Ai-je commis une faute dont je n’ai pas conscience ? Elle ne me répond pas, j’ai dû la blesser ?