Le ressenti d’une personne autiste

« Mon côté autiste est satisfait »
Réponse inattendue de ma grande fille autiste Asperger à une de mes questions anodines du quotidien.
Elle a décidé d’assumer, de tourner la page d’une dizaine d’année à vivre le rejet de ce qu’elle est dans le regard de l’autre….
Mon côté maman est heureux
Mon côté thérapeute également satisfait
Work in progress

On parle de l’autisme comme d’une liste de traits, de difficultés, ou comme d’un fardeau pour les proches. Mais on ne dit presque rien de ce que le diagnostic fait à celui qui le reçoit.

Car ce n’est pas une simple information. C’est une secousse. Tout vacille : le passé, l’identité, les repères. Il faut encaisser, l’intégrer, se redéfinir, et apprendre à vivre avec ce nouveau prisme.

À cette étape intime s’ajoute une autre épreuve, plus silencieuse : celle du regard des autres. Le diagnostic ne reste pas intérieur, il déborde. Il modifie les relations, suscite l’incompréhension, parfois le malaise, parfois le rejet. La personne doit alors composer à la fois avec ce qu’elle découvre d’elle-même et avec ce que les autres projettent sur elle.

Ainsi, le diagnostic ne transforme pas seulement une perception de soi — il agit aussi comme un révélateur, parfois brutal, des limites de l’entourage à accueillir cette réalité.

Il ne s’agit donc pas seulement d’apprendre qu’on est autiste. Il faut aussi porter ce que ce mot provoque chez les autres. Et parfois, c’est là que la violence commence vraiment.